Le numérique : un enjeu du développement

Table ronde le numérique et le développement à l'OGP 2016

En France, les professionnels du numérique comme l’Institut français réfléchissent aux nouveaux systèmes d’apprentissage : des formations pour les chômeurs, les femmes, les jeunes de banlieues mais aussi des hackathons, des réunions pour débattre et trouver des solutions pour mettre en place ces nouveaux modèles éducatifs. En France comme à l’étranger, pour les professionnels l’enjeu est donc de promouvoir le numérique comme un tremplin pour s’insérer dans la société.

« Si vous trouvez que l’éducation coûte chère, essayez l’ignorance ». En reprenant une citation d’Abraham Lincoln, Anne-Marie Descôtes donne le ton : « l’éducation est un enjeu fondamental ». La directrice générale de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international au ministère des affaires étrangères et du développement international, insiste : « L’accès de tous à l’éducation est un droit mais c’est aussi un investissement rentable à long terme, qu’il s’agisse de santé, d’environnement, de gouvernance démocratique, tout passe par l’éducation et tout ramène à l’éducation. » Aujourd’hui, le numérique ne doit plus être un simple outil de divertissement, il doit aussi accompagner les modèles éducatifs.

Aux États-Unis, Vicki Birchfield, professeur de sciences politiques à l’université Georgia Tech (Atlanta – États-Unis) a mis en place un système éducatif un peu particulier pour sensibiliser les jeunes en marge de la société au numérique. L’université est gratuite pour les étudiants, qui apprennent le code… par la musique, le Hear Sketch : « notre institut de technologie est classé septième aux États-Unis et 66ème au niveau mondial. Nous avons reçu récemment une bourse pour pouvoir informer les jeunes des quartiers pauvres sur le numérique en passant par des ateliers. » Une stratégie payante puisque l’université a pu aider plus de 180 start-up à se lancer grâce à l’utilisation de la technologie. Former les jeunes, c’est une chose, mais l’objectif est avant tout d’impliquer tous les citoyens dans leur ensemble.

Utiliser le numérique pour se faire entendre

En Tunisie, Bobby Demri tente, de son côté, d’amener les citoyens à participer à la politique à travers l’application GOV lancée il y a à peine deux ans. « J’ai compris l’importance des réseaux sociaux après la révolution tunisienne d’où cette application GOV dédiée au numérique pour voter en temps réel sur les politiques du pays. L’avantage, c’est que n’importe quel citoyen peut lancer des sondages ». Après un test plutôt réussi en Tunisie, l’entrepreneur a décidé de poursuivre l’aventure lors de la COP 21. En à peine un mois, 800 000 opinions exprimées, du jamais vu. « J’ai noté l’importance des avis des citoyens dans ce contexte de défiance envers les médias, les politiques et les syndicats, le numérique peut rapprocher élus et citoyens, vous avez un outils pour vous exprimez, utilisez-le ». D’après Bobby Demri, la rue reste le plus grand réseau social du monde, l’application est donc un nouveau moyen d’influer dans le débat public et d’amener d’autres citoyens à y participer.

Les professionnels sont clairs, pour réussir à mobiliser les allergiques au numérique, il ne suffit pas d’avoir des idées, il faut aller à la rencontre des citoyens pour les pousser à agir, ceux qui travaillent pour l’éducation au numérique et ceux qui trouvent des solutions sont complémentaires.

 

Pauline Bluteau

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