Les femmes et l’accès à l’information : vers une révolution numérique féminine

Table ronde sur l'accès des femmes aux droits numériques

Jeudi avait lieu au palais d’Iéna, la conférence « Women’s Rights Online and Access to Information », animée par Ingrid Brudvig et Lauren Neumann, coordinatrices de l’association World Wide Web Fondation en Afrique du Sud. Des hommes surreprésentés, des femmes absentes du débat public, un manque d’éducation des femmes au numérique… toutes ces problématiques ont pu être abordées au cours de cette session.

Aujourd’hui encore subsistent d’importantes inégalités entre les hommes et les femmes concernant leurs compétences mais aussi leurs droits en ligne. Si Internet est très largement vu comme un outil démocratique et participatif, en ligne, hommes et femmes ne demeurent pas égaux.

Les femmes ont très généralement un accès plus restreint à Internet que les hommes. En cause, l’illettrisme, le manque de maîtrise du web, le manque de connaissance des sites d’information, la peur de demander et le manque de temps… De nombreuses barrières que la société impose aux femmes mais qu’elles s’imposent indirectement aussi.

Un petit pas pour la femme, un grand pas pour le féminisme

D’après la conférencière Lauren Neumann, présente au cours de cette session, le progrès ne pourra pas avoir lieu si les pouvoirs corrompus qui censurent encore la parole de la femme ne sont pas renversés : « Il ne faut pas attendre que la montagne vienne à Mahomet mais que Mahomet aille à la montagne ».

Selon elle, la priorité est de faire valoir les compétences numériques, la pertinence des services et contenus mais avant tout les droits et la sécurité des femmes en ligne. La formation au numérique serait donc la clé de voute vers la révolution numérique des femmes.

Des progrès encore marginaux

Pour pallier cet écart des genres face au numérique, la WWW Fondation promeut l’accès gratuit à Internet pour les femmes en installant des cybercafés dans des pays en développement. Une initiative qui a su porter ses fruits ; bien que 9 % des femmes du tiers monde ne sachent utiliser internet afin de suivre les débats politiques et de société, contre 89 % d’entre elles qui l’utilisent pour rester en contact avec leurs proches.

La Colombie investit énormément dans l’accès à Internet gratuit ou à bas prix. L’Égypte, l’Indonésie et les Philippines suivent également cette tendance de près, avec 50 % de connexions supplémentaires dans les collèges pour sensibiliser les jeunes filles et leur apporter une formation digitale.

Le gouvernement Kenyan a également pris l’initiative de lancer des bornes d’accès gratuit au Wifi dans certains lieux publics.

Une large démocratisation du web en comparaison des régions telles que le Mozambique ou l’Ouganda, où le fossé se creuse le plus, en raison d’un coût de connexion encore trop important.

Des solutions à l’échelle mondiale

La présentation de la fondation terminée, l’assemblée a pu débattre et discuter de manière interactive des diverses solutions envisageables pour pallier ce problème de genre. Il a été intéressant de voir que les auditeurs, de nationalités diverses ont pu apporter un regard critique et différent sur la situation et la place de la femme dans la société actuelle.

Le débat s’est ouvert sur une note alarmante : « Il faut se rendre compte de ce qu’il manque, voilà la bonne réaction. Et non se dire c’est bien, on a évolué ».

Le point de vue d’une Française a d’ailleurs très largement pu soutenir cette thèse, en avançant le fait que ce combat est également à mener dans des pays dits « du Nord » comme la France, où le droit à l’IVG qui semblait acquis est encore critiqué, comme l’a montré la loi visant à punir les sites fournissant de informations biaisées sur l’avortement.

« Ne regardez pas le mur, regardez plutôt les briques »

Selon Jack, un auditeur venu de Costa Rica, les mentalités doivent être changées avant tout : « Ne regardez pas le mur, regardez plutôt les briques ! Il faut arrêter de prendre des femmes, parce que ce sont des femmes. Nous devrions au contraire nous concentrer davantage sur elles en tant que personnes, en tant qu’individus ».

Selon lui, la discrimination positive ne laisserait pas de place à la reconnaissance individuelle. « Si nous responsabilisons les femmes du secteur économique à la santé, tout irait mieux, les statistiques le prouvent », ajoute-t-il.

Quoi qu’il en soit, au vu des actions menées par des associations telles que la WWW Fondation, le plafond de verre tendrait à se fissurer, et les inégalités avec.

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